Éloge funèbre de Cherif Abdoul Aziz Touré…
Il y a huit jours Cherif quittait ce monde sans avertir, le décès de ce grand journaliste, manager des médias, se répandit comme une traînée de poudre à travers les médias et les réseaux sociaux.
La dimension internationale de Cherif se révéla, portée par tous ceux qui avaient collaboré avec lui, des professionnels, connaissances, proches et anonymes séduits par le talent, la lucidité et la cohérence de la pensée analytique de Cherif.
Ils cherchèrent à remettre en vie l’être cher qu’on aime et qu’on ne reverra plus…
Les sentiments d’un père confus, me poussèrent à m’adresser au Créateur : « Mon Dieu pourquoi vous avez fait ça ? »
Les décisions de Dieu, ne souffrant pas de recours, sont irrévocables.
J’ai aussitôt regretté cette prétention injustifiée, vite neutralisée par une foi solide. Heureusement…
Saint Augustin rappelait qu’un « décès qui met toute une communauté dans le désarroi, est une bénédiction de Dieu pour cette communauté… »
Je suis convaincu que si Cherif qui se disait « ami de Dieu » lui avait demandé de le laisser vivre encore, il l’aurait accepté… mais je sais qu’il avait très tôt appris à banaliser la mort. Il la considérait comme un mince rideau qui sépare les locataires de Barsakh et ceux de ce bas monde…
Derrière l’ampleur de ses projets et son engagement professionnel, Cherif avait réussi à concrétiser cette recommandation de notre Prophète Muhammad PSL : « Travaillez comme si vous ne devez jamais mourir…Priez comme si vous devez mourir demain ». Fort de cette conviction,
Chérif était tellement habitué à communiquer avec le royaume céleste qu’il finissait souvent par oublier qu’il vivait encore…
J’imagine qu’il n’avait rien fait pour rester en vie avant et au moment de son départ…
Il est parti comme Socrate qui disait à ses disciples qui voulaient le retenir « Laissez-moi partir pour regagner les bienheureux du royaume céleste…
Dieu m’a honoré d’une telle occasion je dois la saisir… »
En outre, Socrate enseignait à ses disciples qu’après sa mort c’est son corps, vulgaire enveloppe charnelle, que l’on enterre mais pas son âme qui, commencera aussitôt à goûter aux délices que son Dieu unique réserve aux bienheureux de son royaume.
Cherif a fini sa vie terrestre comme Socrate…
Le philosophe se plaignait de vivre dans un monde corrompu où les injustes faisaient des lois contraires à la justice divine. Alors qu’il était chargé d’enseigner aux hommes la justice parfaite venant de Dieu… Cette souffrance morale avait tué chez Socrate le désir de vivre.
Dors ton sommeil Chérif dans le Barsakh des bienheureux…au terme d’un court séjour que des dizaines d’années de durs labeurs ne peuvent égaler.
Aix-en-Provence le samedi 25 avril 2026
Papa Aboubacar Touré
Comments are closed.