L’aide humanitaire commence à passer de l’Égypte vers Gaza

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Les premiers camions sont entrés dans la bande de Gaza depuis l’Égypte par l’immense porte du poste-frontière de Rafah ce samedi. Des tonnes d’aide s’entassaient depuis des jours dans l’attente d’un passage vers l’enclave palestinienne où la population manque de tout.

L’aide humanitaire rentre dans la bande de Gaza après quinze jours de siège total. En milieu de matinée, heure locale, la télévision égyptienne a commencé à diffuser des images de camions en train de traverser, depuis l’Égypte, le point de passage de Rafah, l’unique ouverture de l’enclave palestinienne qui ne soit pas aux mains d’Israël, ce samedi 21 octobre au matin.

Peu auparavant, rapporte notre correspondant en Égypte, Alexandre Buccianti, les engins de chantier avaient dégagé des blocs de ciment installés pour empêcher le souffle des explosions lors des bombardements israéliens de la partie palestinienne d’affecter la partie égyptienne.

Vingt camions du Croissant-Rouge égyptien, qui se charge de l’acheminement de l’aide des différentes agences de l’ONU, sont entrés dans le terminal égyptien, a constaté un correspondant de l’AFP sur place. Côté terminal palestinien, un journaliste de l’AFP a vu 36 semi-remorques vides entrer dans le terminal en direction de l’Égypte, en préparation du chargement de l’aide. Le Hamas avait également déclaré samedi matin qu’un convoi composé de vingt véhicules transportant de l’aide médicale et alimentaire devait entrer dans la bande de Gaza depuis l’Égypte.

Vue satellitaire du poste-frontière de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 20 octobre 2023.
Vue satellitaire du poste-frontière de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 20 octobre 2023. © Maxar Technologies / AFP

Les premiers camions sont porteurs de matériel médical et de médicaments considérés comme prioritaires vu la situation des hôpitaux de Gaza, précise le correspondant de RFI.

Des tonnes d’aide s’entassent depuis des jours dans l’attente d’un passage vers l’enclave palestinienne contrôlée par le Hamas. Les 2,4 millions de Gazaouis, pour moitié des enfants, survivent sans eau ni électricité ni carburant depuis qu’Israël a mis en place un siège total depuis l’attaque du Hamas il y a 15 jours et le déclenchement de la guerre.

Techniquement, l’aide est d’abord inventoriée par le Croisant-Rouge égyptien qui remet ses papiers aux responsables de l’UNRWA, l’agence des Nations unies pour les réfugiés palestiniens, qui se charge de la distribution de l’aide à Gaza.

Au moins 100 camions par jour nécessaires, selon l’ONU

Le président américain, Joe Biden, avait affirmé mercredi avoir obtenu du président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi, la garantie de « laisser jusqu’à 20 camions traverser », un nombre totalement insuffisant selon l’ONU qui estime à au moins 100 camions par jour les besoins des Gazaouis. Avant la guerre, ils dépendaient déjà pour 60% d’entre eux de l’aide alimentaire internationale.

Vendredi, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, avait appelé depuis Rafah en Égypte, au « passage rapide » de l’aide humanitaire vers le territoire palestinien assiégé alors qu’Israël refusait catégoriquement d’ouvrir ses passages frontaliers avec Gaza.

Gaza compte trois checkpoints principaux. Mais, sans permis israélien délivré, le passage de Rafah est la seule sortie possible pour les Palestiniens de la Bande.
Gaza compte trois checkpoints principaux. Mais, sans permis israélien délivré, le passage de Rafah est la seule sortie possible pour les Palestiniens de la Bande. © Anthony Terrade/RFI

Israël a précisé qu’il s’assurerait que l’aide ne parvienne pas au Hamas mais seulement aux « civils » du « sud de la bande de Gaza ».

Antonio Guterres a déclaré vendredi qu’il était « essentiel d’avoir du carburant » côté palestinien pour pouvoir distribuer l’aide aux Gazaouis. Ce sont les cargaisons de fuel qui inquiètent le plus Israël, qui impose depuis 16 ans un strict blocus à Gaza, notamment sur les biens qui pourraient servir à la fabrication d’armements ou d’explosifs. Pour le patron de l’ONU, les camions d’aide « sont une bouée de sauvetage, la différence entre la vie et la mort pour beaucoup de Gazaouis ».

Pas d’informations en revanche concernant le passage des étrangers et binationaux de Gaza vers l’Égypte, qui attendent en vain depuis plusieurs jours à la frontière.

Source : RFI

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