Tivaouane : le Modèle harmonisé d’enseignement bilingue présenté aux acteurs locaux

Le Modèle harmonisé d’enseignement bilingue au Sénégal (MOHEBS), un élément de la réforme de l’éducation nationale, a été présenté mercredi aux acteurs de l’éducation du département de Tivaouane.

La présentation de cet outil a eu lieu dans les locaux de la préfecture de Tivaouane, en présence d’inspecteurs, de directeurs d’écoles, d’enseignants, d’acteurs communautaires et de représentants des collectivités territoriales. La séance était présidée par l’adjoint au préfet Mamadou Thiam.

Initiée par un forum communautaire à Mont Rolland et consolidée par le Comité départemental de développement (CDD), la réforme vise à améliorer la compréhension des élèves, à renforcer leurs performances scolaires et à valoriser les identités culturelles locales, tout en assurant une maîtrise harmonieuse du français et des langues nationales.

À Tivaouane, le wolof et le pulaar ont été identifiés comme les langues les plus utilisées. Ainsi, 362 établissements ont intégré le wolof et 12, le pulaar.

Le MOHEBS repose sur une forte mobilisation communautaire, avec l’implication des Comités de gestion d’école (CGE), des Associations de parents et de mères d’élèves (APE/AME), de leaders religieux et de radios communautaires qui participent activement à la médiation et à la diffusion de l’information.

Tout en saluant la ”pertinence” de la réforme, certains directeurs d’école ont relevé un manque de supports pédagogiques.

Pour l’inspecteur de l’éducation et de la formation, Issa Ndior, l’introduction des langues nationales n’affecte en rien la qualité de l’enseignement, mais vise à renforcer l’identité sénégalaise.

Le ministère de l’Éducation nationale poursuit ses réformes ambitieuses, avec l’ouverture prochaine du premier CFEE bilingue à Tivaouane et un renforcement de la communication locale.

En clôturant la rencontre, l’adjoint au préfet Mamadou Thiam a souligné la symbolique républicaine que représente l’introduction des langues nationales. Il a rendu hommage aux figures qui ont toujours plaidé pour cette cause, notamment feu le syndicaliste Iba Ndiaye Diadji.

Dans sa présentation du MOHEBS, Serigne Mbaye, l’IEF de Tivaouane a souligné les enjeux de l’introduction des langues nationales dans le système éducatif. L’objectif principal de cette réforme, a-t-il dit, est d’améliorer la qualité et la pertinence des enseignements, à travers une articulation harmonieuse entre langues nationales et français.

Il a détaillé les différentes étapes du bilinguisme, du préscolaire au cycle élémentaire, en insistant sur le rôle fondamental de la langue maternelle comme socle des apprentissages.

M. Mbaye a mis en exergue l’équilibre fonctionnel qui est recherché entre L1 et L2 selon les niveaux, ainsi que l’intégration transversale dans les disciplines clés comme la communication, les mathématiques ou encore l’éducation à la vie sociale.

La réforme prévoit une généralisation progressive du modèle, tant sur le plan géographique que linguistique, à travers une vision inclusive, adaptée aux réalités sociolinguistiques du Sénégal.

Le MOHEBS compte dix composantes, allant du pilotage au suivi-évaluation, en passant par la formation et la mobilisation communautaire, entre autres. Il se présente comme un levier stratégique pour une école sénégalaise plus inclusive, efficace et enracinée dans ses valeurs linguistiques et culturelles.

Le conseil départemental, par la voix du président de la commission éducation, Demba Samb, a réaffirmé sa disponibilité à accompagner le MOHEBS.

La rencontre a aussi été une occasion d’aborder le retour de la Journée de l’excellence et du partenariat, à Tivaouane prévue le 11 juillet 2026, après une pause marquée depuis 2019.

 

 

APS

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