Tivaouane : projection en avant-première de “Muqaddams”, la veille du Gamou

SENEGAL-RELIGION-CINEMA

Le documentaire intitulé “Muqaddams”, en référence à ces autorités religieuses chargées de la propagation de la Tijaniyya, sera projeté en avant-première la veille du Gamou, le 3 septembre prochain, à Tivaouane, a appris l’APS de Seydina Alioune Guèye, chargé de la production à la Cellule Zawiya Tijaniyya (Cezat), productrice de ce film

Il sera projeté à partir de 18 heures, la veille du Gamou, à l’auditorium Khalifa Ababacar Sy-Esplanade des mosquées de Tivaouane, a-t-il précisé dans un entretien avec l’APS.

“C’est un grand jour de communion et ces muqadams ont joué un rôle important pour l’islam et la tariqa tijaniyya”, a-t-il dit concernant le choix de diffuser ce film à Tivaouane la veille du Gamou.

“Nous comptons montrer [les œuvres des muqadams] à la jeune génération et à l’ensemble des talibés”, a expliqué M. Guèye.

Dans ce film, la Cellule Zawiya Tijaniyya, organe chargé de l’animation scientifique et de la communication de la Hadra Malikiyya de Tivaouane – revient sur l’épopée des muqaddams de Seydi Hadji Malick Sy (RTA), en rendant hommage à ces compagnons du saint-homme, un des propagateurs de la Tijaniyya au Sénégal.

Le documentaire a choisi de conter l’histoire de trois d’entre eux, à savoir El Hadji Seydou Nourou Tall (1862-1980), “le fidèle compagnon”, Serigne Birahim Diop (1874-1937) “l’un des plus grands grammairiens et théologiens du continent africain”, et El Hadji Malick Sarr (1847-1934) surnommé “Taawu Taalibé Yi” (l’aîné des disciples).

“Les muqaddams de Seydi Hadji Malick Sy (RTA) sont nombreux, on en dénombre plus de mille, mais nous avons choisi ces trois pour leur lien avec Seydi Hadji Malick Sy et le travail qu’ils ont eu à faire dans la diffusion de l’islam et de la tariqa tijaniyya”, explique Seydina Alioune Guèye, avant d’annoncer que d’autres documentaires vont être produites par la Cellule Zawiya Tijaniyya sur le même sujet.

Selon lui, ces muqadams étaient très proches du Cheikh, que ce soit El Hadji Seydou Nourou Tall, auprès de qui l’actuel Khalife général de tidianes a appris, El Hadji Malick Sarr de Louga ou encore Serigne Birahim Diop de Saint-Louis.

Tivaouane : projection en avant-première de "Muqaddams", la veille du Gamou

Le film est ponctué de témoignages des descendants directs et de la famille de ces hommes de Dieu et de personnes au fait de leur vie et qui ont “une connaissance avérée” de leurs actions, à l’image du communicateur traditionnel El Hadji Mansour Mbaye, de Seydi Madani Abdoul Aziz ou encore Alioune Diagne.

Le spectateur peut se familiariser davantage avec ces muqadams, leur terroir et leur héritage spirituel, à travers des images d’archives.

Disciple, homme de confiance et gendre du vénéré El Hadji Hadji Malick Sy (RTA), El Hadji Seydou Nourou Tall, petit-fils d’El Hadji Omar Tall, restera profondément attaché à lui durant toute sa vie.

Les relations entre les deux hommes remontent au début du siècle, fait savoir la cellule Zawiya Tijaniyya.

Thierno Seydou Nourou Tall s’est illustré comme un compagnon de Serigne Babacar Sy et de Serigne Abdoul Aziz Sy qui se sont succédé au Khalifat.

Serigne Birahim Diop et El Hadji Malick Sarr, sont pour leur part considérés comme des muqadams qui ont joué “un rôle prépondérant” dans la diffusion de la tariqa tijaniyya, selon le site Internet de la Cellule Zawiya Tijaniyya.

Serigne Birahim Diop, grand muqaddam de la tidjaniya originaire du Walo, a passé un peu plus de 20 ans aux côtés de son maître Seydi Hadji Malick Sy pour être initié aux sciences Islamiques. Il s’installe ensuite à Saint-Louis sur ordre de ce dernier.

Tivaouane : projection en avant-première de "Muqaddams", la veille du Gamou

Après la génération du maître, “les plus grands érudits du Sénégal de la suivante épopée ont tous été formés par Serigne Birahim Diop en personne et parmi eux, on peut citer le vénéré Serigne Abdou Aziz Dabakh et Serigne Abass Sall”, lit-on dans l’article que leur a consacré la Cellule Zawiya Tijaniyya.

L’Etat du Sénégal gagnerait en honorant Serigne Birahim, “ce savant méconnu qui mérite que son nom soit donné à une université ou à un édifice de notre pays eu égard à son apport scientifique et intellectuel à l’islamisation du Sénégal”, écrit le site Lazawiya.

El Hadji Malick Sarr “Taawu Taalibé Yi”, l’homme de Boudy, un village reculé de Saint-Louis, est un spécialiste des sciences théologiques.

Il faisait partie des tout premiers séminaristes de Ndjarndé (un village au cœur du royaume du Cayor où plusieurs muqaddam ont été formés), qui ont instruit plusieurs éminentes générations d’érudits.

Le chargé de la production du documentaire souligne que le film sera diffusé ensuite sur différentes plateformes de vidéos à la demande, pour permettre à la cible, les jeunes, de découvrir la vie et l’œuvre de ces muqaddams.

Il estime que le choix du cinéma pour partager ces savoirs s’explique par l’accessibilité de ce médium, d’autant que les jeunes ne lisent plus.

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APS

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